Sommaire
Si vous cherchez un prénom japonais pour garçon, le plus simple est de partir de deux choses très concrètes : une prononciation qui vous plaît (et qui passera bien en français), puis une écriture (kanji ou kana) qui donne le bon sens. Je vous propose ici des listes rapides, des exemples d’écritures, des repères de prononciation et les points administratifs à avoir en tête pour éviter les mauvaises surprises.
En bref
- Top au Japon : Haruto, Yuto, Sota, Ren, Hiroto, Kaito, Ryota, Takumi, Kazuki, Sho.
- En France, Kenzo arrive largement en tête (617), puis Mao (91) et Nao (71).
- Un même prénom peut changer de sens selon les kanji choisis : c’est souvent là que tout se joue.
- Anticipez l’administratif : au Japon, tous les kanji ne sont pas autorisés pour l’état civil, et une lecture atypique peut nécessiter d’indiquer la prononciation.
Listes rapides pour trouver une idée tout de suite
Top 10 au Japon (classement 2024)
Quand j’ai commencé à chercher, j’ai eu besoin d’une base simple, sans me noyer dans mille options. Cette liste donne justement une photo très pratique des prénoms les plus donnés au Japon :
Haruto, Yuto, Sota, Ren, Hiroto, Kaito, Ryota, Takumi, Kazuki, Sho.
Top 20 des prénoms japonais de garçon donnés en France (l’année dernière)
Je trouve ça rassurant de voir ce qui “passe” déjà chez nous. Et c’est aussi utile si vous souhaitez un prénom japonais, mais pas forcément un prénom que tout le monde écorche au premier rendez-vous pédiatre…
| Rang | Prénom | Naissances |
|---|---|---|
| 1 | Kenzo | 617 |
| 2 | Mao | 91 |
| 3 | Nao | 71 |
| 4 | Yuri | 41 |
| 5 | Kenji | 18 |
| 6 | Toma | 15 |
| 7 | Jun | 14 |
| 8 | Ryo | 12 |
| 9 | Akira | 11 |
| 10 | Hiro | 11 |
| 11 | Naoki | 9 |
| 12 | Kaïto | 8 |
| 13 | Yugo | 7 |
| 14 | Eiji | 7 |
| 15 | Nori | 7 |
| 16 | Seiya | 7 |
| 17 | Ken | 6 |
| 18 | Shun | 6 |
| 19 | Aiko | 5 |
| 20 | Tama | 4 |
Petit repère de contexte, pour calibrer vos attentes (et celles de votre entourage) : moins de 1000 enfants nés en France en 2020 portaient un prénom d’origine japonaise. Donc oui, c’est encore assez rare, même si certains prénoms ressortent nettement.
Ce qui change tout : le sens dépend des kanji
Je vous le dis comme je l’ai vécu : au début, je croyais qu’un prénom avait “son” sens, point. Et puis j’ai compris le truc (un peu tard, mais mieux vaut tard que jamais) : au Japon, la prononciation ne suffit pas. Le choix des kanji détermine la signification, et un même prénom peut donc raconter des histoires très différentes.
Dans la pratique, vous verrez souvent :
- des prénoms écrits en kanji (le plus courant),
- ou, pour une option plus simple et très lisible, une écriture en hiragana ou en katakana.
Autre repère utile : les prénoms peuvent être composés de 1 à 4 kanji (souvent 2 ou 3). Il existe aussi une tendance, depuis les années 90, à donner des lectures atypiques à des kanji classiques. C’est joli sur le papier, mais ça peut demander un peu plus de vérifications, et parfois d’expliquer la lecture.
10 prénoms (très) utiles, avec écritures possibles et sens
Je vous propose une sélection resserrée de prénoms qu’on retrouve souvent dans les classements, et qui donnent surtout de bons exemples de “comment le sens bouge” selon les kanji. L’idée n’est pas de vous faire apprendre les kanji par coeur, mais de vous aider à choisir de façon consciente.

Haruto
Exemples d’écritures : 陽斗 (soleil-lumière + référence au pôle-mesure), 悠人 (calme-éternel + personne), 晴斗 (beau-clair + pôle-mesure). Même sonorité, ambiances différentes : plus lumineux, plus serein, plus “ciel dégagé”… À vous de voir ce qui colle à votre histoire.
Yuto
Exemples d’écritures : 悠斗 (calme-éternel + pôle), 優斗 (douceur-compassion + pôle), 雄斗 (viril-courageux + pôle). C’est typiquement le genre de prénom où vous pouvez orienter le message vers la douceur ou vers la force, sans changer la prononciation.
Ren
Exemples d’écritures : 蓮 (lotus), 恋 (amour, connotation romantique à manier avec précaution), 廉 (honnêteté-prudence, moins courant). Là, on voit bien pourquoi il faut regarder au-delà du son : “Ren” peut être très nature ou très romantique, selon l’idéogramme.
Daiki
Exemples d’écritures : 大輝 (grand + éclat), 大樹 (grand + arbre). Dans les deux cas, on reste dans une image positive, soit plus “rayonnante”, soit plus “stabilité”.
Kaito
Exemples d’écritures : 海斗 (mer-océan + mesure-pôle), 快斗 (agréable-rapide + pôle). C’est un bon exemple d’alternative : vous pouvez aller vers la mer et les éléments, ou vers une idée de vivacité.
Hiroto
Exemples d’écritures : 大翔 (grand + voler-s’envoler), 浩人 (vaste-abondant + personne). C’est un prénom qui peut évoquer l’élan, ou une forme de grandeur plus calme.
Kenzo
Exemples d’écritures : 健三 (santé-fort + troisième), 賢三 (sage + troisième). Petit point de vigilance très concret : Kenzo est aussi une marque, donc selon votre sensibilité, vous aurez peut-être envie d’anticiper cette association.
Kenji
Exemples d’écritures : 健二 (santé-force + deuxième), 賢治 (sage + gouverner-soigner). On reste sur une énergie “solide” et un peu classique, avec des nuances selon les kanji choisis.

Riku
Exemples d’écritures : 陸 (terre-continent), 力 (force). Là, c’est presque minimaliste : soit une image de territoire, soit une idée très directe de puissance.
Sota
Exemples d’écritures : 颯太 (vent rapide + grand), 蒼太 (bleu profond + grand). C’est poétique sans être compliqué, et ça donne deux atmosphères bien différentes.
Une méthode simple pour choisir vos kanji (sans vous perdre)
Je sais à quel point on peut partir dans tous les sens quand on découvre qu’il existe énormément de combinaisons possibles (il y a plus de 3 000 idéogrammes disponibles, forcément ça donne le tournis). Le cadre le plus apaisant que j’ai trouvé, c’est de procéder par étapes, même si vous restez “débutants en japonais”.
- Commencer par le sens : lumière, force, paix, nature, sérénité… ce que vous voulez transmettre.
- Choisir 2 ou 3 écritures candidates pour un même prénom, puis comparer : sens, lisibilité, équilibre avec le nom de famille (sonorité, et si vous y tenez, le nombre de traits).
- Vérifier l’acceptation administrative des kanji si vous avez un lien avec l’état civil japonais, et prévoir d’indiquer la lecture si elle est atypique.
Et si je peux me permettre une mini-anecdote (promis, une seule) : la première fois que j’ai voulu “faire simple”, j’avais noté un prénom en rōmaji sur un carnet, très sûre de moi… puis je me suis rendu compte que je n’avais même pas réfléchi aux kanji, donc au sens réel. Autant dire que mon carnet a pris une claque, et moi aussi. Ça m’a au moins appris à ne pas brûler les étapes.
Prononciation : les pièges les plus fréquents pour nous, francophones
Bonne nouvelle : la phonétique japonaise est souvent faite de syllabes assez nettes, avec peu de consonnes finales (sauf « n »). Là où ça se complique pour nous, c’est sur les détails qui changent tout à l’oreille japonaise : voyelles courtes ou longues, et cette façon particulière de prononcer le « r » (qui n’est pas le “r” français).
Pour la romanisation, on croise plusieurs systèmes. Dans la vraie vie, pour des parents francophones, le plus lisible est souvent Hepburn. Vous verrez aussi des notations du type ō (ou parfois “ou” ou “ô”) pour marquer une voyelle longue, ce qui peut avoir un impact sur ce que les gens vont lire en France.
Quelques repères de prononciation en API (ça aide beaucoup quand on veut être précis, surtout sur un faire-part ou un document) :
Haruto : [ha.ɾɯ.to] | Ren : [ɾẽɴ] | Yuto : [jɯ.to]

Mon conseil “terrain” : si vous optez pour une lecture un peu atypique, ou si vous vivez entre deux pays, pensez à noter la prononciation là où c’est utile, et à garder une orthographe stable en rōmaji pour les papiers internationaux. Ça évite les variations qui s’accumulent au fil des documents.
France vs Japon : ce qu’il faut savoir avant l’état civil
C’est le moment un peu moins romantique, mais franchement, je préfère que vous le lisiez maintenant plutôt que la veille de la déclaration de naissance, en mode panique (on a déjà assez de choses à gérer avec un bébé, n’est-ce pas ?).
Au Japon : kanji autorisés et lecture à clarifier
Le Japon encadre les kanji utilisables pour l’état civil. Concrètement, cela veut dire que vous ne pouvez pas choisir “n’importe quel kanji”, même si l’idée est belle. Les références légales et listes officielles existent (avec des tableaux de kanji autorisés), et l’enregistrement se fait dans le cadre du Koseki. En cas de lecture atypique, il peut être nécessaire d’indiquer la prononciation, ce qui a aussi des effets pratiques sur les documents d’identité.
En France : liberté, mais attention à la transcription
En France, le principe est plutôt la liberté du choix du prénom, avec un contrôle possible. Dans la pratique, si vous choisissez une écriture non latine (kanji ou kana), la question qui revient vite est la transcription pour l’état civil français. Là encore, le plus confortable est d’avoir une forme cohérente en rōmaji pour éviter les différences entre actes, pièces d’identité et passeport.
Si votre situation touche aux deux pays (par exemple, enfant né en France avec un parent japonais), l’idée la plus sereine est de préparer en amont : prononciation, écritures candidates, et vérifications sur l’acceptation des kanji côté japonais.
Petits conseils culturels (surtout si vous n’êtes pas japonais)
Je marche sur des oeufs, parce que chacun arrive avec son histoire, ses attirances, ses références. Ce que je retiens, c’est qu’un prénom japonais peut être un choix très beau, à condition de le faire avec respect et un minimum de vérifications : sens, connotations possibles, et effet dans la vie quotidienne.
Ce qui aide vraiment : consulter un locuteur natif quand vous hésitez sur une nuance ou une lecture, et tester le prénom à voix haute dans votre famille, avec le nom de famille, en français (et en anglais si c’est votre contexte). Et si vous sentez que le kanji va devenir une source de complications administratives, il existe l’option de privilégier une écriture en kana ou une forme en rōmaji pour les usages internationaux, tout en gardant une écriture japonaise si elle a du sens pour votre famille.
Après, il y a aussi la question très humaine des associations. Certains prénoms évoquent tout de suite une image, une marque, un personnage public ou fictif. Ce n’est pas forcément un problème, mais autant en être conscient, surtout si vous visez quelque chose d’unique.
Les sources à connaître (si vous voulez vérifier par vous-même)
Si vous aimez vérifier, ou si vous devez sécuriser une démarche, voici les références mentionnées dans les données utilisées ici : statistiques françaises INSEE, classements au Japon par Meiji Yasuda Insurance, et pour le cadre japonais, les textes et listes consultables via elaws.e-gov.go.jp et japaneselawtranslation.go.jp (notamment les règles liées à l’enregistrement et aux tableaux de kanji autorisés, et la référence à la notification officielle de 2010). Et dans tous les cas, gardez le réflexe de vérifier la version la plus récente si vous êtes dans une démarche d’état civil.
Si vous avez déjà une shortlist de 3 prénoms, vous êtes à deux pas du bon choix. Prenez votre prononciation préférée, comparez 2 ou 3 écritures possibles, faites relire le sens par quelqu’un de fiable, et assurez-vous que la forme en rōmaji restera stable sur les documents. Et voilà, sans pression, mais avec un vrai cap.

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