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Oui, vous pouvez manger de la burrata enceinte… mais pas n’importe laquelle. Celle faite avec du lait pasteurisé passe généralement, à condition d’être rigoureuse sur le froid et les délais. En revanche, la burrata au lait cru (souvent artisanale) est à éviter pendant la grossesse.
En bref
- OK si la burrata indique clairement « lait pasteurisé » et si la chaîne du froid est respectée.
- À éviter si « au lait cru » ou si la pasteurisation n’est pas confirmée (marché, vrac, restaurant flou).
- Conservation : entre 0 et 4 °C, et une burrata entamée se mange dans les 24 heures.
- En cas de doute : ne la mangez pas crue, chauffez à plus de 70 °C (option plus rassurante : 80 à 90 °C quelques minutes).
Pourquoi la burrata pose question pendant la grossesse
La burrata, c’est ce fromage à pâte filée avec un cœur très crémeux (la stracciatella). Et c’est justement ce côté frais, humide, « tout doux » qui la rend aussi sensible aux soucis d’hygiène si on se trompe de produit ou si on la conserve mal.
Le risque qu’on surveille surtout, c’est Listeria monocytogenes (la listériose). Pendant la grossesse, on est plus vulnérable : on parle d’un risque 20 fois plus élevé chez les femmes enceintes. C’est rare, mais pas anodin : en France, on recense environ 300 à 400 cas de listériose invasive par an (incidence 5 à 6 cas par million). Et ce qui est pénible, c’est le délai possible : des symptômes peuvent apparaître en général entre 3 et 30 jours, parfois jusqu’à 70 jours après.
Je vous avoue que moi, quand j’ai découvert ce « jusqu’à 70 jours », j’ai eu un petit moment de flottement. Parce qu’on a déjà assez de choses à gérer enceinte sans se rajouter une enquête policière sur le dernier fromage mangé… Bref, l’idée, c’est surtout de simplifier la décision.
La règle la plus simple : pasteurisé = possible, lait cru = non
Ce qui change tout, c’est la différence entre :
- Burrata industrielle : elle est généralement faite à partir de lait pasteurisé. C’est celle qui peut convenir, sous conditions de conservation et de dates.
- Burrata artisanale au lait cru : elle est à éviter pendant la grossesse, à cause du risque de Listeria.
Sur l’emballage, cherchez la mention « lait pasteurisé ». Si vous lisez « au lait cru », la question est réglée : on n’y va pas. Et si vous tombez sur « thermisé », c’est le moment où je redeviens cette personne un peu pénible (mais gentille) qui pose une question très précise : « Cette burrata est-elle faite à partir de lait pasteurisé ? » Si personne ne peut vous répondre clairement, mieux vaut passer votre tour.

Quand il n’y a pas d’étiquette (marché, vrac), l’idéal est de demander une fiche produit. Sinon, je vous conseille de préférer une burrata emballée où la mention est écrite noir sur blanc. Exemple typique d’indication qu’on veut voir : « Burrata nature 300 gr, Lait : Pasteurisé ».
Achat et conservation : la checklist qui évite les mauvaises surprises
Une burrata pasteurisée, c’est bien. Une burrata pasteurisée mal conservée, c’est tout de suite moins rassurant. Voilà les repères simples, ceux que j’essaie d’appliquer quand je fais les courses (et que je rêve déjà de la manger en rentrant… ce qui n’aide pas à être patiente).
| Étape | Ce que vous vérifiez | Repère concret |
|---|---|---|
| Avant achat | Pasteurisation, date, emballage | « lait pasteurisé », date OK, emballage non gonflé et non abîmé |
| Transport | Temps hors froid | Moins de 2 heures à température ambiante |
| Frigo | Température de conservation | Entre 0 et 4 °C (en dessous de 4 °C, la bactérie cesse de se développer) |
| Durée | Combien de temps la garder | Dans l’emballage : 3 à 5 jours (si possible, éviter au-delà de trois jours) ; après ouverture : 24 heures |
Et si quelque chose vous semble « bizarre » (odeur aigre, aspect visqueux, couleur anormale, fuite, emballage gonflé), c’est poubelle. Je sais, ça fait mal au cœur. Mais c’est un de ces moments où on choisit la tranquillité d’esprit.
Pensez aussi à jeter un œil à Rappel Conso de temps en temps pour vérifier s’il y a des retraits produits.
Restaurant, pizza, plats chauds : comment la rendre plus sûre
La chaleur est votre alliée : une cuisson à cœur peut détruire la Listeria. En pratique, l’objectif simple est de dépasser 70 °C au cœur du fromage. Si vous voulez plus de marge, certains préfèrent viser 80 à 90 °C pendant plusieurs minutes sur des plats comme la pizza.
La situation la plus délicate, c’est la burrata ajoutée après cuisson, sur une pizza ou une assiette qui arrive tiède. Si vous ne savez pas si elle est pasteurisée, je vous conseille d’éviter la version « posée à froid ». À la place, demandez qu’elle soit cuite avec le plat, ou choisissez une alternative pasteurisée (par exemple une ricotta ou une mozzarella industrielle).

À la maison, si vous avez un doute sur la pasteurisation et que vous ne pouvez pas garantir une vraie chauffe à plus de 70 °C, honnêtement, le plus simple reste de ne pas la manger crue ce jour-là. Ce n’est pas très fun, mais ça évite de ruminer ensuite.
Et si j’en ai mangé et que je panique un peu ?
Déjà, respirez. Le risque est rare, même si les conséquences peuvent être sévères. Les symptômes typiques de la listériose ressemblent souvent à un syndrome pseudo-grippal : fièvre, maux de tête, parfois de petits troubles digestifs. Et comme le délai peut être long (3 à 30 jours, parfois jusqu’à 70), ce n’est pas toujours évident de faire le lien.
- Si le produit fait l’objet d’un rappel ou si vous avez un doute sérieux, vérifiez sur Rappel Conso.
- Si vous avez des symptômes (fièvre, maux de tête, état pseudo-grippal), consultez immédiatement un professionnel de santé.
- Si vous êtes inquiète mais sans symptôme, parlez-en à votre gynécologue-obstétricienne, au cas par cas.
Envie de crémeux : quelles alternatives choisir sans se compliquer la vie
Si votre envie, c’est surtout la texture, vous avez des options plus simples à gérer pendant la grossesse : stracciatella pasteurisée, ricotta pasteurisée, mozzarella industrielle (et ses petites versions type bocconcini). Et quand on veut du fromage qui se garde mieux, les pâtes dures comme le comté, le gruyère, le parmesan, l’emmental ou le cheddar sont généralement autorisées, même si elles ne sont pas pasteurisées.
Côté nutrition, la burrata peut apporter des protéines (16 à 18 g pour 100 g) et du calcium (200 à 250 mg pour 100 g), donc je comprends complètement qu’on n’ait pas envie de s’en priver. Elle est aussi assez riche (lipides 20 à 25 g pour 100 g, et on voit parfois une matière grasse autour de 22 %), donc l’idée n’est pas d’en faire un aliment « quotidien obligatoire », plutôt un plaisir qu’on sécurise.

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