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Saignement après accouchement : quand s’inquiéter et que faire

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A mother holds a baby with soft socks.
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Après un accouchement, saigner est souvent normal… mais c’est aussi le genre de « normal » qui fait douter à 3 h du matin, avec une serviette à la main et le cerveau en vrac. Ici, je vous aide à reconnaître l’évolution habituelle des lochies (couleur, quantité, durée) et surtout à repérer les signaux qui doivent vous faire appeler rapidement ou partir aux urgences.

En bref

  • Urgences (15) si vous remplissez une protection en moins d’une heure (surtout si ça se répète), si vous avez des gros caillots (plus gros qu’une balle de golf), ou si vous vous sentez pâle, très faible, étourdie, essoufflée avec un cœur qui s’emballe.
  • Les lochies changent classiquement de « rouge » à « rosé-brun », puis « blanc-jaunâtre » sur une durée souvent autour de 4 à 6 semaines (parfois un peu plus).
  • Rouge vif abondant après 3 à 4 jours, odeur nauséabonde, fièvre ou douleurs pelviennes importantes : on ne temporise pas, on contacte un professionnel.
  • Si vous hésitez : mieux vaut appeler votre sage-femme ou votre gynécologue que rester seule avec la peur.

Les lochies « normales » : à quoi s’attendre, sans se prendre la tête

Les lochies, ce sont les pertes après l’accouchement. Elles évoluent souvent par phases. Je vous donne la version la plus simple à garder en tête, parce que, franchement, quand on dort par tranches de 1 h 30, on n’a pas envie d’apprendre un cours entier.

Phase Période habituelle Aspect le plus fréquent Quand lever le drapeau
Lochies rubra 0 à 4 jours (souvent 3 à 4 jours) Rouge vif, plutôt liquide, parfois assez abondant. Petits caillots possibles. Rouge vif abondant qui persiste au-delà de 3 à 4 jours, ou protection saturée en moins d’une heure, ou caillots très gros.
Lochies serosa 4 à 10 jours (parfois jusqu’à 1 à 2 semaines) Rosé ou brun pâle, volume qui diminue progressivement. Retour vers du rouge vif abondant après amélioration, odeur anormale, fièvre, douleurs pelviennes.
Lochies alba À partir de 10 à 12 jours, jusqu’à 6 semaines Blanc-jaunâtre, parfois plus crémeux. Réapparition de saignements rouges intenses après cette période, ou signes d’infection.

 

La durée totale est très variable, mais beaucoup de femmes saignent environ 4 à 6 semaines. Et oui, ça peut aussi aller vers 6 semaines, parfois un peu plus longtemps selon les cas. L’idée, ce n’est pas de rentrer dans une case, c’est de vérifier que ça suit une tendance à la diminution.

Les « petits retours » qui peuvent être normaux (et qui font quand même sursauter)

 

Je me souviens m’être dit, après quelques jours plus calmes : « Ah… ça y est, c’est fini. » Spoiler : non. Et ce n’était pas forcément grave. Il existe des variations qui peuvent arriver sans que ce soit une urgence.

Par exemple, l’allaitement peut provoquer une augmentation transitoire du flux pendant la tétée, parce que cela stimule l’ocytocine et aide l’utérus à se contracter. Et si vous bougez beaucoup, si vous faites des efforts, si vous reprenez trop vite certaines activités, il peut aussi y avoir un petit regain temporaire.

On parle aussi d’un petit retour de couches autour du 10e-12e jour (parfois vers le 13e jour) qui peut durer environ 48 heures. Le mot important, c’est « transitoire ». Si ça devient très abondant, si ça vous inquiète, ou si ça s’accompagne de signes bizarres, on bascule dans la partie suivante.

Après une césarienne, la durée peut être un peu différente, parfois plus courte, car le placenta est évacué manuellement. Dans tous les cas, fiez-vous surtout à l’évolution et aux consignes données par l’équipe qui vous suit.

greyscale photo of medical operation

 

Signes d’alerte : quand appeler, et quand partir sans discuter

Je sais que c’est la partie qui fait peur. Mais, sincèrement, mettre des mots et des seuils sur « trop » aide à respirer. Les soignants parlent parfois de volume (avec des repères comme une perte sanguine usuelle moyenne autour de 500 ml, et une hémorragie suspectée au-delà de 500 ml après voie basse, ou 1 000 ml après césarienne). Dans la vraie vie, on ne mesure pas ça dans un verre doseur, donc voici les repères concrets à utiliser.

  • Vous contactez votre sage-femme ou votre gynécologue si : le saignement reste rouge vif et abondant au-delà de 3 à 4 jours, si vous avez une odeur nauséabonde, de la fièvre, des douleurs pelviennes qui persistent ou apparaissent, si vous expulsez des caillots plus gros qu’une balle de golf, ou si un saignement rouge revient d’un coup après une période plus calme.
  • Vous appelez le 15 ou vous allez aux urgences tout de suite si : vous remplissez une protection en moins d’une heure (surtout si cela se répète), si le saignement déborde malgré le repos, ou si vous avez des signes de choc comme être pâle, très faible, étourdie, presque prête à tomber dans les pommes, essoufflée, avec une accélération du rythme cardiaque.

Et un point qu’on oublie facilement : une hémorragie peut survenir jusqu’à 12 semaines après l’accouchement. Ce n’est pas pour vous angoisser, c’est juste pour vous autoriser à rester attentive, même après la période « classique » des lochies.

Le mini-algorithme « observer, appeler, urgence » (celui que j’aurais aimé avoir sur le frigo)

Quand on est fatiguée, on a tendance à minimiser ou, au contraire, à imaginer le pire. Alors je vous propose un déroulé simple.

1) Observer si vous vous sentez globalement stable : notez la couleur, le volume (en regardant la vitesse de saturation des protections), l’odeur, la présence de caillots. Si ça diminue au fil des jours et qu’il n’y a pas de fièvre ni de douleur inhabituelle, vous continuez à surveiller.

2) Appeler votre sage-femme ou votre gynécologue si vous cochez un des critères d’alerte « non vitale » : rouge vif abondant après 3 à 4 jours, gros caillots (balle de golf), douleurs pelviennes, fièvre, odeur nauséabonde, retour soudain d’un saignement rouge après amélioration.

3) Urgence si vous remplissez une protection en moins d’une heure (ou que ça recommence), si ça déborde malgré le repos, ou si votre corps vous envoie des signaux de malaise (pâleur, vertiges, essoufflement, pouls rapide). Là, c’est 15 ou départ immédiat.

a woman with red nail polish holding her stomach

 

Si vous consultez : ce qu’on peut vous faire (pour enlever un peu l’inconnu)

Si vous arrivez en maternité ou aux urgences pour un saignement inhabituel, on commence en général par une évaluation clinique : signes vitaux, palpation de l’utérus, examen périnéal, et parfois un examen au spéculum si nécessaire.

Côté examens, il peut y avoir une NFS (hémoglobine, hématocrite), un bilan de coagulation (INR, TCA), et un contrôle du groupe sanguin avec RAI si une transfusion est envisagée. Une échographie pelvienne peut aussi être réalisée pour rechercher une rétention de débris, un hématome, ou une situation comme un placenta accreta. Et si l’odeur ou la fièvre fait penser à une infection, des prélèvements peuvent être proposés.

Pour les causes, on recherche notamment : une atonie utérine (utérus qui se contracte mal), une rétention placentaire, une déchirure ou une suture qui saigne, un hématome, une endométrite, ou un trouble de la coagulation avec anémie importante. Et pour les traitements, ça peut aller de mesures simples (repos, massage utérin, perfusion, surveillance) à des médicaments (ocytociques, tranexamique si indiqué, antibiotiques si infection, fer), voire des gestes comme une aspiration-curetage, une suture, une évacuation d’hématome. Plus rarement, il peut être question d’embolisation artérielle ou d’hystérectomie en dernier recours, et une transfusion si la perte est importante.

À la maison : 3 repères tout simples pour se sentir un peu plus en sécurité

Je ne vais pas vous noyer sous les règles, promis. Mais il y a quelques repères pratiques qui m’ont aidée à ne pas me sentir « au hasard ».

  • Protections : changez-les au moins toutes les 3 à 4 heures, et surveillez surtout la vitesse de saturation. Tampons et cups sont à éviter pendant environ 6 semaines.
  • Repos et reprise progressive : si vous remarquez que les saignements augmentent avec les efforts, c’est un signal pour lever le pied. On parle aussi d’éviter vélo, jogging, aérobic pendant les 6 premières semaines.
  • Hygiène et confort : privilégiez la douche, et une toilette périnéale douce à l’eau tiède après chaque selle. Pour la douleur, ibuprofène ou acétaminophène sont souvent utilisés, sauf contre-indication ou doute à valider avec un professionnel.

Si vous avez eu un épisode de saignement important, on peut vous proposer un contrôle de l’hémoglobine (NFS) et, si une anémie est confirmée, des compléments de fer. Et si vous allaitez, sachez que l’allaitement aide l’utérus à se remettre en place, mais que l’anémie et l’inquiétude peuvent vous vider : là aussi, se faire accompagner, ça change tout.

Si je ne devais garder qu’une idée, ce serait celle-ci : les lochies ont le droit d’être impressionnantes, mais vous n’avez pas à trier ça seule dans votre salle de bain. Au moindre doute, vous appelez. Et si vous cochez les signes d’urgence, vous partez ou vous faites le 15, point.

Cécile

Maman de 2 enfants. Je vis en Essonne, où je jongle entre vie de famille, travail et mille questions du quotidien. La parentalité a bouleversé mon regard sur l’éducation, la consommation et le respect des besoins des enfants. À travers Parentalité91, je partage simplement ses réflexions et expériences avec d’autres parents en quête d’un équilibre plus serein.

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